mercredi 15 mai 2013

Tokyo Park, un film poétique de Shinji Aoyama

Cinéma, Découverte Japon, Critique Cinéma, Tokyo Park, Haruma Miura, Nana Eikura, Mamami Konishi, Shinji Aoyama
Titre : Tokyo Park
Réalisateur : Shinji Aoyama
Acteurs : Haruma Miura, Nana Eikura, Mamami Konishi...
Genre : Drame
Nationalité : Japonais
Année de sortie : 2011

Kôji est étudiant en photographie, il aime faire des prises de vues dans les parcs de Tokyo et surtout faire le portrait des passants. C’est en photographiant une jeune femme et sa toute petite fille en poussette qu’il se fait remarquer par le mari de la jeune maman. Sans beaucoup plus d’explications, le bonhomme d’un abord peu avenant lui demande ce qu’il fait, pourquoi il s’intéresse à sa femme. Interloqué, Kôji répond honnêtement et se voit confié un job en retour : suivre et photographier l’épouse en question. Le prix de la mission est attrayant et, bien que cette « commande » lui paraisse douteuse, Kôji accepte. Commence alors un jeu de piste pour le jeune homme, sur les pas de cette mystérieuse inconnue qui lui rappelle quelqu’un sans qu’il puisse savoir qui. Entre deux filatures, Kôji mène une petite vie presque banale, exception faite de Hiro, le fantôme de son meilleur ami décédé qui hante sa maison et lui parle encore, de l’ex de ce dernier, la frétillante Miyu fan de films d’horreur qui vient squatter à toute heure chez lui et de Misaki, la fille de sa belle-mère, une grande sœur attentive qui s’entête dans un célibat navrant. A force de porter son regard sur l’inconnue qu’il suit de parc en parc au fil des jours, Kôji commence à aiguiser sa manière de voir les femmes qui l’entourent. Du souvenir de sa mère photographe décédée il y a longtemps à la détresse cachée de Miyu en passant par la solitude troublante de Misaki, Kôji va apprendre, comprendre et modifier sa manière d’être envers elles.

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Inspiré du roman original de Shôji Yukiya, Tokyo Koen, ce film est à la fois émouvant et déroutant. On se prend vite au jeu un rien pervers dans lequel se laisse entraîner Kôji. Il est amusant de le voir jongler entre ses proches et cette personne qui n’est rien pour lui mais devient lentement une connaissance sans qu’il lui ait jamais adressé la parole. A force de chercher à comprendre les motivations du mari méfiant et poussé par la sympathie teinté de séduction de sa belle inconnue, le jeune homme éveille son esprit, devient attentif aux autres. Si sa manière de regarder les gens est d’abord concentrée autour de sa passion pour la photographie, il élargit peu à peu son point de vue, passant de l’objectif à une vision plus grande. Et les questions muettes qui viennent le tarauder s’expriment pour le spectateur au travers d’un enchaînement de scènes intimistes grâce auxquelles, comme Kôji, on aborde les personnalités et les sentiments de Miyu, de Misaki, du patron et des parents du héros.

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Kôji et Miyu
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Kôji et Misaki

Haruma Miura campe un Kôji nonchalant, parfois subtil mais souvent silencieux, presque boudeur qui évolue doucement, oubliant presque son égocentrisme pour chercher à comprendre ceux qui l’entourent. La fraîcheur de Nana Eikura est un délice, rieuse, amusante, fragile et forte à la fois, elle est une Miyu vraie rigolote qui cache ses faiblesses pour ne pas se laisser emporter par le chagrin et soutenir son meilleur ami, lui révélant même des choses qu’il n’a jamais vu ou refusé de voir. En parfait contraste, Manami Konishi interprète une Misaki que l’on a du mal à cerner, tout comme Kôji d’ailleurs. On la sent responsable, mature mais désoeuvrée, on perçoit qu’elle a renoncé à quelque chose d’important mais on doit suivre les pas de Kôji pour découvrir quoi et pourquoi. Le cadre de cette histoire est un Tokyo calme, apaisant, à l’image du titre du film car la majorité des scènes d’extérieur se déroulent dans les parcs de la grande cité, lieux de quiétude ainsi que les Tokyoïtes aiment à les définir. On passe des ces espaces verts teintés des couleurs de l’automne à l’ambiance feutrée du bar dans lequel travaille Kôji, à la maison dans laquelle le jeune homme vit seul avec le fantôme de son meilleur ami décédé qui ne parvient pas à renoncer pour entrer dans l’au-delà, à l’appartement de Misaki ou encore la maison de leurs parents, loin, au bord de la mer. Prises de vues, musique, dialogues, l’ensemble du film baigne dans un onirisme et une tranquillité reflet de l’esprit de Kôji : c’est un héros calme, qui aborde les choses comme elles se présentent et réfléchi beaucoup. La preuve : le fait de côtoyer un mort ne le gêne absolument pas ! La présence de Hiro est d’ailleurs une étrange fantaisie dans le scénario, tout comme la petite séquence qui plonge le spectateur une poignée de minutes en pleine action d’un film de zombie. A mon sens, ces deux éléments sont intimement liés à la relation que Miyu et Hiro ont partagée et qui reste inachevée, raison pour laquelle lui ne peut partir pour l’au-delà et elle ignore son chagrin et préfère s’occuper des autres.

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Tokyo Park est un très beau film, une chronique dans la vie de personnages attachants, une petite leçon sur l’importance de rester attentif à ceux que l’on aime et de ne pas projeter sur eux nos propres idées et angoisses, afin de ne pas les perdre.

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