lundi 1 juillet 2013

Le légendaire Shinsengumi

Histoire du Japon, Japon, Shinsengumi,
Source d'inspiration pour nombre de mangakas, le Shinsengumi se retrouve dans nombre de séries à succès et entraîne les lecteurs de tous les pays dans la page d'histoire japonaise connue sous le nom de Bakumatsu. Célébré aujourd'hui, le Shinsengumi n'en était pas moins une drôle d'équipe, formée de sabreurs surdoués mais aux appétits sanglants.

A la fin du 19e siècle, le shogunat des Tokugawa sentit le vent tourner et son heure de gloire arriver vers une fin dangereuse car il ne parvenait pas à gérer la menace coloniale venue d'Europe et d'Amérique, provoquant la colère des seigneurs (daimyo ou samouraï) qui se rebellèrent, acceptant de devenir des ronins (voir l'article sur le Bakumastu). Le gouvernement Tokugawa créa alors le Shinsengumi, corps de police spécial dont la seule mission était d'enrayer les projets de ces rebelles renommés les Ishin Shishi. D'abord simples opposants au gouvernement Tokugawa, les Ishin Shishi devinrent peu à peu une faction politique qui se revendiqua patriote et voulait renverser les Tokugawa afin de placer l'Empereur au sommet du pouvoir comme cela n'était plus le cas depuis près de 800 ans. Parmi les tactiques adoptées par les Ishin Shishi, l'assassinat et les complots avaient la primeur. Face à cela, les Tokugawa cherchèrent et trouvèrent des sabreurs hors pair et les enrôlèrent au sein du Shinsengumi avec pour mission de protéger le gouvernement en place.

A son apogée, cette police particulière se composait de 10 groupes, chacun ayant à sa tête un capitaine dont les noms sont devenus indissociables de la légende du Shinsengumi : Shôji Okita, Isami Kondo, Hajime Saito, Toshizo Hijitaka... Leurs contemporains les surnommèrent les "loups de Mibu", du nom de la petite ville rurale dont ils étaient issus en majorité. Démantelé après la chute des Tokugawa, les survivants se tournèrent vers d'autres carrières, toujours avec pour objectif de faire régner l'ordre sur le pays.

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Les membres du Shinsengumi n'étaient pas simplement violents ou héroïques comme on peut les voir décrits dans nombre de mangas (Kenshin le Vagabond, Peacemaker Kurogane, Corps et Ame...), ils étaient surtout dévoués à leur pays, pensant que participer par des moyens brutaux au maintien de l'ordre, essentiellement au sein de la capitale d'alors, Kyoto, était une noble et nécessaire mission qui sauverait des vies. La guerre civile qui se déroulait avec diplomatie au grand jour et dans le sang la nuit tombée risquait de faire nombre de victimes parmi la population...

Tout commença par une rumeur qui courut le pays : on recrutait et l'examen se résumait en une épreuve d'escrime. Des talents grandioses venus de tout le pays mais surtout de la province de Tama près d'Edo (et la ville de Mibu) se présentèrent. La plupart appartenait au même dojo et à la même école de sabre dont le maître était Isami Kondo. Parmi eux se trouvaient Toshiro Hijikata et Shôji Okita, des amis de longue date qui suivirent Kondo à Kyoto. C'était un groupe très pauvre qui n'avait pas de quoi acheter du riz en dehors des grands conflits car pas de subvention officielle, il faisait du porte à porte pour quémander de l'argent et des denrées, faisait pousser ses propres légumes, et s'était endetté pour l'achat de ses uniformes devenus si célèbres. Au début, tous étaient des membres comme les autres et les querelles éclataient souvent avec un autre groupe mené par Serizawa, un officier, jusque dans le village de Mibu où ils furent logés. Puis une grave trahison survint, celle du général Kiyokawa Hachiro et les querelles cessèrent pour faire front ensemble, retrouver Kiyokawa et l'éliminer. Avec l'aide du seigneur d'Aizu, Matsudaira, et au prix de nombreuses vies, le Shinsengumi retrouva les traîtres et les exécutions furent sans appel. L'union resta leur force pendant un temps, ce qui fut tout de même plus facile au vu du nombre de morts qui avait décimé les rangs : parmi les plus forts il ne restait que 13 hommes qui recrutèrent autour de Kyoto et Osaka pour reformer le groupe avec un effectif de 70 hommes. Mais les talents exceptionnels n'étant plus aussi nombreux, il y avait moins de risques de querelles d'orgueil.

Leur premier grand coup d'éclat eut lieu en août 1863, sous les ordres de Matsudaira qui avait eu connaissance d'un plan des Ishin Shishi de l'unité Chôshû. Les patriotes prévoyaient d'envahir le palais, d'enlever l'Empereur et de marcher sur les armées Tokugawa pour établir leur restauration impériale légitimée par la présence de l'Empereur dans leurs rangs. Le Shinsengumi fut placé comme gardien des portes du palais. Ce premier affrontement entre les deux grands opposants armés se solda par une victoire du Shinsengumi (le nom devint officiel à ce moment).

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Enivrés par leur réussite et une réputation grandissante, les membres du Shinsengumi firent preuve de moeurs douteuses et les conflits internes sabotèrent peu à peu leur union. L'ambition personnelle de certains donna naissance à des complots internes et des représailles sévères. Serizawa, l'ambitieux, fut exécuté avec ses fidèles par Kondo, Okita et Hijikata dans son repaire. On accusa des bandits de les avoir tué dans leur sommeil pour garder l'esprit unitaire du Shinsengumi et ils eurent droit à des funérailles officielles. Par la suite, Kondo et Hijitaka recrutèrent les nouveaux membres avec plus de sévérité et de méfiance. Ce qui provoqua une lourde ambiance de suspicion dans les rues de Kyoto car si on était un samouraï mais que l'on n'avait pas même tenté d'entrer dans le Shinsengumi, on ne pouvait être qu'un patriote... La dureté du quotidien assurée par un règlement inhumain fut à l'origine de nombre de conflits, de décès, de désertions et de trahisons.

Il se résumait en cinq préceptes :
  • Il est interdit de s'écarter de la voie propre à l'humain.
  • Il est interdit de quitter le Shinsengumi.
  • Il est interdit de collecter de l'argent en dehors du cadre du Shinsengumi.
  • Il est interdit de se mêler des litiges ne concernant pas le Shinsengumi.
  • Il est interdit de se battre pour son propre compte.
La sentence était toujours la mort.

On trouvait aussi les ordres suivants :
  • Si le leader d'une unité est blessé à mort pendant un combat, ses hommes devront rester et se battre à mort.
  • Si un membre du Shinsengumi est blessé et laisse s'enfuir son adversaire, il devra se faire seppuku (suicide par lame de son sabre).
En première ligne durant la guerre de Boshin (affrontement final de la guerre civile dite le Bakumatsu), le Shinsengumi perdit peu à peu les membres qui lui restaient. Parmi ses grands noms, seul Hajime Saito survécut pour voir la Restauration Meiji à son apogée. Le très charismatique Hijikata s'était quant à lui retiré à Hokkaido où il avait été nommé ministre de l'armée du pays d'Ezo contre la volonté de l'empereur Meiji qui lança une offensive. Après plusieurs victoires, il mourut d'une balle dans la poitrine, signant la fin du Shinsengumi.

Mangas recommandés :
  • Kenshin le Vagabond de Nobuhiro Watsuki (éd. Glénat, 28 tomes ou deluxe 9 tomes, série terminée)
  • Peace Maker / Peace Maker Kurogane de Nanae Chrono (éd. Kami, 1er série terminée en 6 tomes, seconde série inachevée en 5 tomes pour cause cessation d'activité de l'éditeur)
  • Corps et Ame de Aya Kanno (éd. Akata, 2 tomes série terminée)
Sources : Historia magazine; Que sais-je "le Japon"; Wikipedia; riverside-camarilla.org; Travels webshots.

1 commentaire :

  1. Un destin bien tragique celui de ces sabreurs. Il faut dire que ces cinq préceptes ne devaient pas favoriser une ambiance très saine entre les membres du Shinsengumi...

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