lundi 16 décembre 2013

Notre critique du tome 3 de « Trouble is my Business »

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Titre : Trouble is my Business
Mangakas : Natsuo Sekikawa et Jirô Taniguchi
Editeur : Kana
Collection : Made in
Sortie : 23 août 2013
Prix : 18€

Jirô Taniguchi est un auteur phare pour le lectorat français qui sait même séduire les non adeptes du manga. Avec la parution de sa série Trouble is my Business, pour laquelle il a dessiné le scénario de Natsuo Sekikawa, Kana ajoute une petite pépite à son catalogue Made in. Décryptage du tome 3.

Jôtaro Fukamachi continue de mener sa vie dissolue, entre enquêtes révélatrices de la noirceur humaine et déboires financiers. Comme si cela ne suffisait pas, il faut qu’il tombe nez à nez avec un duo de tueurs qui lui impose un duel à mort. C’est leur truc à eux, trouver la cible qui les distraira quelques secondes, voir quelques minutes et jouer au chat et à la souris avec… Mais Fukamachi a vite fait de déceler leurs véritables motivations et, bien qu’il ait pensé à fuir très loin, il décide de tenter le tout pour le tout. A moins qu’il ne choisisse de rentrer dans le rang de la petite vie bien tranquille de salarié. S’il accepte ce job d’agent de sécurité, aura-t-il enfin une chance de renouer avec son ex-femme et de rentrer dans les bonnes grâces de sa fille ?

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Comme ce fut le cas avec les deux précédents tomes, Trouble is my Business t.3 poursuit son petit bonhomme de chemin avec des enquêtes de qualité inégale. On passe de la conclusion, un rien banale, d’une affaire laissée en suspend à la fin du tome précédent, à une mésaventure qui met les compétences et la volonté de survie du héros à rude épreuve, puis à une tentative de changement complet de vie pour finir sur une nuit mouvementée durant laquelle Fukamachi recherche sa propre fille avant de suivre une autre enquête pas forcément haletante. Le scénario de Natsuo Sekikawa est donc parfois rondement mené, surprenant et savoureux puis saute sur un chapitre qui tombe dans des clichés aux ficelles bien épaisses. C’est à la fois ce qui fait le charme et le caractère tiède de cette série. Car toutes les aventures de Fukamachi révèlent une part de sa personnalité et du monde dans lequel il évolue. Tel un Mike Hammer japonais, il erre ainsi entre soucis d’argent permanents, désinvolture dès qu’il s’agit des responsabilités classiques (loyer, pension à son ex-femme, liaisons sans lendemain), relations bancales avec des mafieux, des yakusas, des flics ripoux, et fait preuve d’un grand sérieux dès lors qu’il lui faut mener à bien ses missions, quelles qu’en soient les conséquences pour lui-même ou les autres. Cette droiture ambivalente est charmante, rappelle un certain Ryô Saeba de City Hunter mais plus réaliste, moins ouvertement coureur de jupons, quoique lié aux mêmes traquenards parfois bidons. Rien à faire, ce Fukamachi est attachant.

Petit bonus sympathique : entre les chapitres, nous avons droit à une sorte de rapport concernant Jôtaro Fukamachi qui nous éclaire sur son passé, ses relations maritales troublées et leur fin précoce, ses liens avec sa fille. En fin de tome, une sorte d’interview du héros est proposée, peu révélatrice mais plaisante, accompagnée d’une postface signée Clément Sautet.

Si les énigmes ou « affaires » ne sont pas toujours attrayantes, le dessin de Jirô Taniguchi relève fortement le niveau et parvient à donner corps aux histoires. Le découpage et le rythme des épisodes d’affrontement en duel ou de recherches de la propre fille du héros sont créateurs d’un suspense qui joue merveilleusement son rôle. Le travail intense sur le gras du trait affirme que l’on est dans une série qui se veut noire, policière tout en étant décalée puisque le personnage principal est une sorte d’outsider. L’expressivité de Fukamachi, tantôt penaud, séducteur ou enquêteur acharné le rend crédible. L’ensemble des personnages secondaires frise parfois l’excès de recyclage des codes (le yakusa en costard et lunettes noires, le flic ripoux à l’imperméable long, la femme trop belle et trop facile pour être honnête…) mais au moins on sait immédiatement qui est qui. Enfin le soin porté aux décors est sans mesure dans un manga de ce genre, assez atypique, et cela profite à l’atmosphère unique de la série. Tout y est, des rues désertes et pluvieuses, à l’appartement plutôt nu et de bric et de broc de Fukamachi, au bar mal fréquenté dans lequel il obtient des infos en passant par le luxe des immeubles de clients corrompus…
 
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Impression de qualité en dépit du traits gras et des nombreux aplats sombres, typographie nette et texte clair, grand format, jaquette gaufrée à la couleur soignée, Kana éditions respecte la ligne éditoriale de sa collection Made in de sorte que si le prix est ici trois fois supérieur à celui d’un manga classique, le connaisseur qui s’attache aux titres hors normes de la planète manga y trouve son compte.

Points forts : 
  • Dessin 
  • Personnalité du héros 
  • Mise en page 

Points faibles : 
  • Qualité inégale des enquêtes / chapitres 
  • Stéréotype des personnages secondaires 

Verdict : Un bon tome !!! 


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