lundi 8 septembre 2014

Notre critique des tomes 1 & 2 de « Daisy »

Akata, Critique Manga, Japon, Manga, Shojo,

Akata, Critique Manga, Japon, Manga, Reiko Momochi, Shojo,
Mangaka dessinateur : Reiko Momochi
Mangaka scénariste : Reiko Momochi
Editeur : Akata
Collection : Shojo
Genre : Tranche de vie, quotidien, société
Public : Tout public
Site officiel : Akata
Sortie : 28 mai et 3 juillet 2014
Prix : 6,95€ le tome
Statut de la série : Terminée en deux tomes

Avril 2011. C'est la rentrée scolaire pour tous les écoliers japonais mais dans la ville de Fukushima rien ne se déroule comme partout ailleurs. Fumi entre en terminale mais elle a manqué les deux premières semaines de cours, terrorisée à l'idée de sortir de chez elle. La catastrophe, les rumeurs, les médias déformant les faits, l'angoisse déguisée de ses proches, Fumi a été incapable de reprendre sa vie comme si de rien n'était. Mais ce matin, elle enfile son uniforme et fait le trajet habituel dans un décor qui n'a plus grand chose à voir avec ce qu'elle a connu.

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Heureusement, ses trois amies Moé, Mayu et Ayaka sont là, le sourire aux lèvres. Leur accueil chaleureux rend courage à Fumi. Ensemble, elles ont monté un groupe mais cela fait un bout de temps qu'elles n'ont pas joué. Tamaki, un camarade semble pour sa part bien décidé à se rapprocher de Fumi et ne manque pas de lui apporter son soutien. Malgré ses efforts, Fumi constate semaine après semaine, qu'il est impossible de reprendre le cours de son existence. Non seulement, elle est quotidiennement témoin des drames engendrés par la catastrophe, des gens qui abandonnent la région pour se reconstruire ailleurs quitte à tout recommencer, de ceux qui sombrent dans une profonde dépression, des travailleurs qui perdent leur outil de travail, leur commerce, leur auberge, des agriculteurs traités d'assassins à cause du produit d'une terre stigmatisée, d'une région si chère à son coeur que tous abandonnent mais elle est aussi impuissante lorsque ses amies voient leur destin et leurs projets d'avenir bouleversés. Pourtant, Fumi va peu à peu se renforcer, accepter le nouvel ordre des choses mais surtout refuser de renoncer. Car l'avenir de Fukushima passe par la volonté de sa jeunesse.

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On peut être un grand lecteur / fan de mangas et passer à côté de l'essence même du Japon et des Japonais. Heureusement, il existe des petits trésors tels que Daisy. Exit les histoires romantiques, terrifiantes, aventureuses, rocambolesques et fantastiques, la catastrophe du 11 mars 2011 qui a transformé le Japon et ses habitants est au coeur de ce récit de deux volumes absolument électrisants.

A travers le miroir que nous tend Reiko Momochi, les yeux de Fumi affichent une réalité peu connue, souvent masquée des conséquences du tsunami et plus encore de l'explosion qui s'ensuivit à la centrale de Fukushima. Pour qui est né, a grandi et vit encore dans cette ville et sa région, le quotidien est fait de craintes omniprésentes qui se multiplient face aux réactions souvent négatives du reste du pays. Le soutien apparent des premiers temps, celui relayé par les médias et que nous avons tous pu entrevoir cachait donc une amère vérité. Seuls les habitants de Fukushima et ses environs peuvent témoigner de la peur de l'avenir (conséquences à long terme de l'exposition aux radiations), des pertes irréparables (proches emportés par les eaux, maison de famille interdite ou dévastée, exploitation agricole inexploitable, commerce et auberge en déroute). Tout ce qui faisait leur vie et nourrissait leurs espoirs a sombré et rien d'efficace n'est fait par les autorités pour endiguer la succession de tragédies qui frappe les gens de la région. Pire encore... L'illusion de situation sous contrôle condamne les habitants de Fukushima à une attente sans fin d'un mieux être et d'un renouveau tant les politiciens et autorités persistent à nier leurs erreurs passées et donc à déployer quelque moyen que ce soit pour les aider réellement.

Cet état des choses est divulgué en douceur, avec passion mais finesse par Reiko Momochi. Sous un trait typiquement shojo idéal pour mettre en valeur les émotions, Daisy met en scène ses quatre jeunes filles auparavant si banales, petites adolescentes nippones ne rêvant que de vivre loin de la campagne, éblouies par les paillettes tokyoïtes, qui souffrent à présent comme leurs concitoyens. Frappées de plein fouet par la catastrophe dont elles ont été des témoins de première loge, elles donnent tout ce qu'elles ont pour revivre, avancer de nouveau mais se heurtent sans cesse aux mêmes questions, aux mêmes craintes, aux mêmes dilemmes. Condamnées à mûrir plus vite que la jeunesse du reste du Japon, elles franchissent les étapes du deuil de l'enfance avec des difficultés supplémentaires, cruciales mais enrichissantes. Mieux encore, elles envisagent l'avenir avec force responsabilité, modifiant leurs projets en fonction du devenir de leur région, leur si cher pays natal qu'elles refusent de rejeter, de laisser salir plus que de raison. Fumi, Moé, Mayu et Ayaka luttent avec leurs forces de simples êtres humains, dérisoires peut-être mais si importantes pour Fukushima.

Le secret de ce récit qui exploite des témoignages réels recueillis avec patience et humanisme par Reiko Momochi réside en sa profonde sincérité. Des chapitres qui s'emboîtent naturellement, des personnages attachants et réalistes, un récit fluide sans exagération ni extrapolation, chaque épisode vécu par ces petites héroïnes porte un message, un désir de témoignage à la face du monde des souffrances, du courage, de la détermination et de l'amour de la terre des habitants de Fukushima. Les ouvrages attachés à Fukushima et au 11 mars 2011 ne manquent pas (à ce titre le remarquable 1000 Cercueils est à lire), on se souvient du professionnalisme des collaborateurs du journal local privés de tout outil de travail autre que du papier et des stylos et affichant quotidiennement les nouvelles locales sur les murs mais on n'avait pas encore pas lu de manga s'adressant aussi directement au public du monde entier et spécifiquement la jeunesse. Akata s'impose petit à petit en tant qu'indépendant grâce à des choix éditoriaux toujours plus surprenants de qualité et d'audace. Daisy est un vrai récit de l'âme profonde des japonais, de ce formidable paradoxe qui veut que ce soit dans l'adversité qu'il se révèle le plus fort.


Points forts : 
  • Récit 
  • Structure 
  • Personnages attachants 
  • Réalisme 
  • Emotions 
  • Dessin 

Points faibles : 
  • Néant 


Verdict : A lire absolument !!!

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