mercredi 25 février 2015

Notre critique du film Ruroni Kenshin

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Champ de bataille de Toba-Fushimi. La guerre civile se termine entre les impérialistes et les partisans du Shogun. Dans une forêt enneigée, l’assassin légendaire Battôsaï achève un combat semé de sang et de morts innombrables. Alors que ses compagnons de lutte crient leur joie, Battôsaï abandonne son sabre et disparaît. Les années passent et le nouvel ordre dans lequel l’Empereur est le seul guide du Japon s’est peu à peu installé. Dans cette ère Meiji pleine de promesses, une douceur de vivre baigne la nouvelle cité impériale de Tokyo. Mais dans l’ombre, un mystérieux tueur sévit, signant ses forfaits sanglants du nom de Battôsaï l’assassin, mettant en échec la police impériale et insufflant la peur dans la ville. C’est sous le soleil d’été et en plein festival qu’une jeune femme menace subitement un homme qui vient d’arriver. Il porte un sabre à la ceinture, ce qui est formellement interdit par la loi. Elle en déduit donc qu’il est l’assassin recherché. Du moins jusqu’à ce qu’il lui explique maladroitement que son arme n’a qu’une valeur sentimentale, qu’elle est dysfonctionnelle puisque affublée d’une lame inversée. Leur échange dure peu mais l’inconnu comprend vaguement le souci de la jeune femme avant de la regarder partir. Le hasard veut que leurs chemins se croisent de nouveau alors même qu’elle est menacée par un sabreur au regard étrange poursuivit par la police. Aussitôt, le jeune homme entraîne sa protégée loin de la menace et ils se retrouvent chez elle, au dojô familial dont elle a hérité depuis l’assassinat de son père. Elle se présente comme Kaoru Kamiya, héritière du mouvement Kamiya Kashin, école qui prône l’utilisation de l’art du sabre pour protéger et non tuer. Son hôte, Kenshin Himura, simple vagabond, reste discret mais semble séduit par les préceptes de cette école peu commune. Kaoru ignore encore que cet homme d’allure banale hormis une large cicatrice en forme de croix sur la joue est l’assassin légendaire dont le meurtrier de son père revendique le nom. Mais lorsque son dojô est attaqué par une bande de voyous et que Kenshin leur donne une leçon mémorable avec une virtuosité digne des plus grands samouraïs, elle entend le nom d’une autre école de sabre, celle du Hiten Mitsurugi-ryu, mythique, meurtrière, unique et pratiquée par un seul homme connu, Battôsaï l’assassin ! Mais qu’est-ce qu’un tel homme est venu faire à Tokyo ? Que cherche t-il alors que son nom évoque immédiatement un héros et un assassin ? Peut-il mettre un terme aux méfaits de son usurpateur et de ses complices ? Une nouvelle légende est en route…

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Une rencontre très inattendue...

Un superbe défi que d’adapter le manga de Nobuhiro Watsuki en film live. Après un succès planétaire des versions papier et animé (série TV et OAV), l’enjeu était de ne pas trahir l’attente des fans de la première heure mais aussi de faire découvrir cette série et son mythique personnage à un nouveau public. Le projet a sans doute dû attendre le bon acteur pour incarner Kenshin Himura, personnage complexe, tourmenté par ses démons, ses souvenirs, ses erreurs, un vécu pavé de sang et de larmes, témoin et acteur d’une époque troublée qui fascine encore les historiens.

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En 2011, le projet est lancé avec un financement prometteur par la Warner. Le réalisateur Keishi Ôtomo qui a montré sa valeur à travers de nombreux dramas et films est choisi non seulement comme réalisateur mais aussi scénariste. Le pari est relevé.

Dans ce film, qui sera le premier d’une trilogie au vu du succès obtenu, l’histoire reprend les premiers chapitres du manga depuis le retour de Kenshin à Tokyo jusqu’à son premier combat contre un ancien adversaire de la guerre civile, un sabreur qui n’a que faire de la paix nouvelle, rêve de le combattre et lui voler son titre d’assassin légendaire, Jin-e. Beaucoup d’éléments secondaires de ce qui est connu en France comme les 4 premiers tomes du manga ne sont pas repris dans le scénario pour éviter un film trop long et une perte de dynamique dans le déroulement de l’histoire, néanmoins, un ajout crucial est fait, celui contant comment Kenshin a été marqué au visage, du moins pour une partie seule de cette mystérieuse cicatrice.

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Le résultat est habile et ne trahit en rien l’œuvre de Nobuhiro Watsuki. Les premières scènes posent immédiatement et efficacement le personnage principal, son passé, ses actions et annoncent la complexité qui le défini. Tout de suite, le spectateur est plongé dans l’action, une stupéfiante série d’échanges de coups, un combat sans faute. Par la suite, les quelques changements sont plutôt bien vus : les retrouvailles Kenshin-Saïto sont plus réalistes, la rencontre avec Megumi, la manière dont elle implique ses nouveaux amis dans la toile d’araignée dont elle ne peut s’échapper, l’entrée en scène de Sanosuke, l’aspect cinglé, vénal et sadique de Kanryu, la course sanglante de Jin-e…

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Le scénario est ainsi fluide, n’occulte rien d’important mais réécrit les fils de telle manière que cela passe mieux dans une version filmée, avec des comédiens qui ne peuvent complètement se transformer en personnages de manga sans avoir l’air ridicule.

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De gauche à droite : Kanryû, Yahiko, Sanosuke, Kaoru, Kenshin, Jin-e, Megumi, Saïto

Tous les acteurs sont ainsi crédibles dans leur rôle et offrent un réel plaisir à tous les spectateurs, même les plus grands fans du manga. Watsuki sensei lui-même a pleinement approuvé le choix de Satoru Satô, acteur qui avait déjà fait ses armes dans de nombreuses séries et dramas, endossant notamment des rôles éloignés de toute comédie dans les versions TV de Bloody Monday et Beck. Comédien caméléon, Satoru Satô n’a pas seulement le physique idéal pour jouer Kenshin Himura, de petite taille, peu épais, un visage à la fois candide et sérieux, il peut surtout déployer une palette émotionnelle très riche et jouer avec finesse, bien souvent avec peu de dialogue. Son physique naturel complété de la fameuse cicatrice, des longs cheveux roux et du costume adéquat est bluffant de réalisme comparé au dessin original du personnage. Mieux encore, son jeu d’homme rongé par un lourd passé, des secrets, aspirant à une vie plus calme et peut-être douce mais luttant sans cesse contre ses démons et des ennemis d’autrefois qui ne cessent de revenir le tourmenter, oscillant entre une candeur amère, sincère et la part sauvage qui a fait de lui le plus grand assassin de son temps reprend bien l’expressivité du personnage de papier, regards, intonations vocales, rien ne manque. La superbe de son interprétation se dévoile plus encore lors des combats qui sont superbement orchestrés, dignes de meilleurs films d’arts martiaux de Hong Kong, cascades, successions et enchaînements de coups, on en a plein les yeux.

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Evidemment, Satoru Satô n’est pas le seul à tirer son épingle du jeu. Emi Takei donne vie à une jolie Kaoru, plus féminine, plus adulte, généreuse, moins comique que dans les premiers chapitres du manga, bagarreuse mais connaissant ses limites, courageuse mais pas écervelée. Yosuke Eguchi campe un Saïto déterminé, très fidèle à sa version manga, regard sévère, sûr de ses choix, entêté mais moins tête brûlée, provocateur envers Kenshin mais plus mesuré. Munetaka Aoki est un Sanosuke très proche du personnage originel, opposé de Kenshin et Saïto, bagarreur, maladroit et grande gueule mais qui trouve rapidement sa place aux côtés du héros, un cogneur musclé pour la bonne cause. Yu Aoi offre une Megumi aussi belle qu’espéré, un rien vénéneuse mais fragile sous ses airs assurés. Le jeune Tanaka Taketo prête ses traits à un Yahiko un peu trop passif, qui quitte son rôle papier de disciple au sang chaud pour être une sorte de petit frère obéissant pour Kaoru et Kenshin, c’est un peu dommage car il est bien dans le rôle.

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La fameuse pose d'attaque de Hajime Saïto...

Enfin, les méchants… Que ce soit le trafiquant de drogue Kanryu joué par Teruyuki Kagawa, excessif, drogué, cinglé comme son homologue manga, l’homme de main Gein incarné par Gou Ayano qui n’a pas poussé trop loin de mimétisme physique au profit d’une bonne interprétation sauvage de tueur assoiffé ou encore Jin-e sous les traits de Koji Kikkawa, franchement inquiétant avec ses pupilles bien maquillées bizarres, sa voix grave, son allure féline et sa manie de trancher à tout va, tous les principaux méchants des premiers tomes du manga sont là et crédibles tant dans leur jeu que dans la mise en scène.

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Kanryû, opiomane et trafiquant déjanté
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L'inquiétant Jin-e

Les combats sont vraiment bien réglés, dignes des grands blockbusters US, ils reprennent l’art du sabre défini dans le manga par Watsuki sensei, affirment la supériorité de Kenshin en dépit de son physique trompeur et de son refus de tuer à nouveau.

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Les décors comme les costumes sont une vraie carte postale du Tokyo de la fin du 19e siècle japonais. Rien ne manque, tout concoure à nous plonger dans l’aventure et, d’une certaine façon, dans ce que l’on imagine du Japon d’alors. La musique composée par Naoki Satô sublime l’ensemble du film, scènes intimes comme de combat et d’action, le thème musical de Kenshin, Hiten, est original et prenant, il colle au personnage. Le générique The Beginning écrit et chanté en anglais par le groupe One Ok Rock sur une composition très rock clos ce très bon film.

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Ruroni Kenshin est une très bonne adaptation cinéma live d’un manga pourtant peu aisé à manier tant il est riche et son héros complexe. Aucune fausse note, aucune déception au rendez-vous si ce n’est une absence de distribution en France, même en version DVD. Il est pourtant possible de voir ce film sur les marchés européens mais sans sous-titres anglais… Pour ma part, j’ai visionné la version japonaise, sans sous-titres mais connaissant par cœur le manga, je n’en ai pas souffert. Le succès fut tel que la trilogie espérée a vu le jour, basée sur l’affrontement de Kyoto et la bande du super boss Shishio, Ruroni Kenshin : Kyoto Inferno et Ruroni Kenshin : The Legend Ends, tous deux sortis en 2014.

4 commentaires :

  1. Très bonne adaptation en effet, tu peux le trouver en VOSTFR et même le Kyoto Inferno par contre pour The Legend Ends, il va peut-être falloir attendre encore un peu mais il vaut le coup, j'ai vu les 3 et j'ai bien aimé.

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  2. Les trouver où ça en VOSTFR?? J'ai pas mal cherché pourtant ^^' je veux bien ton aide!

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  3. Je crois que là le lien est toujours bon : http://www.anime-ultime.net/file-0-1/3595-Rurouni-Kenshin-J-vostfr-streaming-ddl-hd . il est en stream et DL au choix ;)

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