mardi 12 mai 2015

Notre critique de « Rock, Money & Education »

Black Box, Critique Manga, Josei, Manga, One Shot,

Black Box, Critique Manga, Josei, Manga, One Shot,
Dessinateur : Noriko Nakayama
Scénariste : Noriko Nakayama
Éditeur : Black Box
Collection : Josei
Genre : Josei, Romance, Humour, Tranche de Vie
Public : Averti
Site officiel : Black Box Éditions
Sortie : 25 octobre 2013
Prix : 10,90€
Statut de la série au Japon : Terminée

Mako est une jeune adulte un peu perdue, très blasée, qui oublie le vide de sa vie entre les bras du premier venu, préfère vivre la nuit et vivote grâce aux petits contrats de mannequinat que lui propose sa tante Romi. Un soir, aussitôt après un court instant de plaisir, elle se dispute avec un de ces hommes rencontrés dans une boîte de nuit, écoeurée par son franc-parlé. Quelques jours plus tard, elle tombe nez à nez avec lui chez son meilleur ami Envy. Il se nomme Saeki. Orpheline, n’ayant que son frère qui vit heureux en ménage, Mako n’a jamais pu combler le manque affectif qui la hante. Bien que Saeki ne manque pas une occasion de lui renvoyer une image peu flatteuse d’elle-même, Mako se laisse peu à peu séduire et comprend que ce qu’elle cherche désespérément pourrait être à portée de main… Le bonheur.

Sayuri, jeune femme active, accepte de sortir avec son collègue Niho. Ce n’est pas le coup de foudre mais c’est mieux que rien, mieux qu’être célibataire dans cette société formatée. Leur couple se forme, une certaine routine s’installe mais Sayuri n’en ressent pas de joie particulière. Lui ou un autre, quelle différence ? Pourtant, lorsque Sôshu, le jeune frère de Niho, surgit dans leur quotidien, la vie de Sayuri en est bouleversée. C’est lui ! L’homme qui transforme sa vie, la teinte de couleurs et du tourbillon d’une fête intime. Mais les semaines passent et la nature désinvolte au possible de Sôshu blesse Sayuri. Pas question de vivre ensemble, de faire quoi que ce soit de sérieux, d’envisager l’avenir au-delà du lendemain. Alors que son chemin croise de nouveau celui de Niho, Sayuri réalise lentement que leur histoire si banale était justement ce qu’elle espérait de la vie à deux…

Le genre Josei est très particulier dans l’univers manga. Non parce qu’il s’adresse prioritairement aux jeunes femmes mais en raison de sa propension à traiter sans fausse pudeur des vrais problèmes qui touchent la population féminine japonaise. Dans une société nippone qui classe les femmes en deux catégories jugées incompatibles, mères ou femmes de carrière, et refuse de s’éloigner de ce modèle pour mieux assimiler d’autres modes de vie plus occidentaux, les jeunes générations de femmes oscillent entre préjugés et quêtes d’elles-mêmes. Exprimant cette facette de la société, les mangakas dessinant du josei mettent en relief les tourments, les aspirations et désirs de la jeunesse nippone, assumant l’ère contemporaine de liberté sexuelle, existentielle, individuelle et revendiquant un autre mode de vie pour les femmes.

Noriko Nakayama nous présente donc ici deux histoires, deux héroïnes plutôt opposées mais toutes deux en manque de quelque chose qui comblerait leur vie, l’amour oui, mais pas que. Car cet amour de l’autre devient surtout le miroir à travers lequel elles vont se réaliser, se révéler à elles-mêmes, devenir pleinement des adultes et des femmes de leur temps, se construire. Mako est une fille vraiment libérée au sens commun du terme tandis que Sayuri serait plutôt conventionnelle mais cette façon d’aborder la vie ne leur convient pas, au plus profond d’elles-mêmes, elles se cherchent encore. Les personnages secondaires sont là pour les faire avancer. Si les amoureux sont assez typiques de ce genre de récit, pas très originaux, ils sont réalistes. En revanche, les amis, ceux de Mako en tête, sont à la fois modernes (couple gay, tante qui, sans couver sa nièce larguée par la vie, lui fait comprendre sans prendre de gants qu’il lui faut se remuer pour avancer), dynamiques et source d’humour dans des histoires qui seraient sinon un peu monotones. Tous les personnages de Noriko Nakayama sont attachants, bien définis et utiles à ses récits. Ils ancrent l’ensemble dans une réalité nécessaire au genre josei.

Graphiquement, on est dans les codes du josei. Entre shojo et seinen, le trait est sans fioriture, net et direct, il assume la quasi absence de décors pour mieux se fixer sur les personnages, la mise en scène, l’expression des visages, l’ennui ou le désir charnel, l’humour et la tendresse des relations humaines, amoureuse, amicales, parentales.

Rock, Money & Education est un très bon manga du genre josei, fidèle aux attentes du public visé, riche dans son propos sociologique et humain. Black Box éditions signe ici un bon choix éditorial et un travail de qualité sur l’impression, le papier, la reliure et sa couverture couleur, la traduction et la mise en bulle sans coquille. Le double avant-propos présente à la fois le volume mais aussi ses enjeux, son intérêt au-delà du simple plaisir de lire les aventures sentimentales de deux jeunes femmes de leur temps.

Points forts : 
  • Récits qui mêlent fiction et questions sociologiques 
  • Réalisme 
  • Du bon josei 
  • Personnages attachants, crédibles, bien définis 
  • Graphisme typique du josei 

Points faibles : 
  • Néant 


Verdict : Un Très Bon Tome !!!


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