mardi 30 juin 2015

Notre critique de « Crying Freeman »

Crying Freeman, Critique Manga, Manga, Kabuto, Ryoichi Ikegami, Kazuo Koike,

Crying Freeman, Critique Manga, Manga, Kabuto, Ryoichi Ikegami, Kazuo Koike,Dessinateur : Ryoichi Ikegami
Scénariste : Kazuo Koike
Éditeur : Kabuto
Genre : Seinen, Combats, Action, Romance
Public : Plus de 14 ans
Site officiel : Aucun
Prix : 6,95€
Lancement : 1er janvier 1987
Adaptation : Série de 6 OAV
Statut de la série : Terminée en 10 tomes

Tokyo. Le soir de son 29e anniversaire, Emu Hino, jeune artiste peintre vivant seule depuis des années dans une très vaste demeure, se remémore l’assassinat dont elle a récemment été témoin.




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Alors qu’elle peignait en extérieur, deux hommes se sont fait abattre devant elle par un troisième. Terrifiée, Emu est parvenue à garder son sang froid face aux larmes explicables versées par le tueur.


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Ce dernier l’a bien sûr vue et s’est présenté sous le nom de Yô avant de disparaître. Emu est fascinée par cet homme qui ne cesse de revenir dans ses pensées. Les jours passent et Emu revoit Yô lors d’une fusillade en plein centre ville. Il a beau porter un masque, elle le reconnaît immédiatement à ses larmes. Mais tandis qu’il fuit, Emu est assaillie par la police : on se doute de ce qu’elle sait, on la harcèle de questions mais Emu tient bon. L’étrange sentiment né de sa rencontre avec Yô la pousse à taire son identité. Ni la police ni les mafieux qui cherchent à venger leur patron tué par Yô ne parviennent à la faire changer d‘avis. Mais Yô n’est pas dupe et celui qui le suit dans toutes ses expéditions assassine non plus. Emu doit mourir, elle en sait trop.

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Refusant l’aide de la police, Emu rentre enfin chez elle après des heures d’interrogatoire… et se retrouve seule face à Yô, arme au poing, prêt semble t-il à l’exécuter ; Mais Emu a vaincu sa peur. Elle est fatiguée de vivre seule, fatiguée de tout et accepte son sort. Yô en est surpris mais Emu lui fait comprendre combien le poids de sa solitude lui est devenu intolérable, pour elle qui n’a plus connu la joie d’une vie de famille et jamais l’amour d’un homme. Mais cet amour dont elle rêvait, elle le ressent enfin pour Yô et est heureuse de mourir de sa main, pour lui, pour le protéger. Séduit, attendri, Yô enlace cette femme qui se donne à lui et ensemble ils scellent leur destin.

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Désormais, et même lorsque Yô aura conté à Emu son histoire et la manière dont il fut forcé de devenir le Freeman, le tueur de la triade chinoise des 108 dragons, rien ni personne ne pourra les séparer sans y laisser la vie. Mais le monde la mafia est tentaculaire… Les talents du Freeman éveillés par la violence seront-ils suffisants ?

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Must de la série à tendance « gangster » dans le manga, « Crying Freeman » est d’une qualité qui n’est pas démodée même si son graphisme date des années 1987/1988. On retrouve un genre qui était alors courant dans les mangas de type policier surtout ceux de Tsukasa Honjo. Cependant, ici, tout est sérieux, dramatique, le suspense est omniprésent et le propos est à la fois romanesque et réaliste en restant hors du temps. Explications…



Le monde de la mafia est dépeint avec force détails (armes, tatouages, codes, clans, pays, types de trafics, liens entre les adversaires et les alliés) ce qui rend la série à la fois réaliste et en même temps décalée car le scénario comme les dessins s’attachent à présenter la mafia comme un monde à part, une sorte de chimère baignée de violence au cœur de laquelle les deux héros tentent de vivre leur passion.

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Pour toute personne lambda qui ne connaît rien aux rouages réels de ce milieu, cette série est d’une qualité prenante sans jamais être pesante. Pour ceux qui savent… je ne sais pas. Car qui peut désigner ce qui relève du roman et ce qui est adapté de la réalité ? Et la surprise est là : « Crying Freeman » ne célèbre pas la violence pour la violence, bien que la série regorge de scènes de tueries, de violence, de sang versé, de viols, de sexe.



On a une histoire dont le fil conducteur est mis en place dès le premier tome et demeure : la survie d’un couple qui devient maudit. Là-dessus se greffent une galerie de personnages hauts en couleurs et variés qui ont tous une bonne raison de se trouver à un moment ou un autre sur le chemin des héros. Ainsi, on croise à la fois ceux qui ont formés le Freeman (à la dure mais sont devenus sa famille), ses patrons (devenus ennemis ?), ses complices, un policier qui se laisse corrompre pour réussir à coincer le Freeman, les membres de clans adverses venus de différents pays et donc représentant différents intérêts et avec eux leurs propres exécuteurs…

Emu qui est une femme soumise au début, acceptant son sort en apparence, souhaitant la mort à une vie sans but, progresse vite, grandit en force pour protéger celui qui devient son univers entier. Pour lui, elle change, apprend à se défendre, à se battre s’il le faut car Yô ne saurait faire d’elle un point faible.

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Si ce scénario se déroule aussi bien qu’un bon film Hong-Kongais de John Woo sur la mafia (« Le Tueur », « Le syndicat du crime »), le graphisme est encore une fois propre à l’école la plus populaire du genre seinen des années 80 mais surtout très soigné. Les décors sont détaillés au millimètre, la palette de gris et le tramage mettent une ambiance idéale, les personnages sont bien distincts et ont « de la face de pet », quels qu’ils soient.

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Les corps, puisqu’il y a pas mal de scène de nudité, le Freeman et ses adversaires tueurs se battant souvent nus ou presque, sorte de tradition martiale, leurs mouvements, leur séduction sont un travail remarquable. Évidemment, Yô et Emu sont les plus beaux mais cette beauté est partout dans « Crying Freeman », jusque dans la violence la plus repoussante.

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Après une première édition des deux premiers tomes seulement qui forment un premier arc depuis la rencontre de Yô et Emu jusqu’à leur fuite ensemble (repris dans l’adaptation filmée de Christophe Gans) chez Glénat en 1995, l’éditeur Kabuto a repris le travail depuis le début et sorti l’intégralité de la série. Si le travail d’édition est sans faute, les tomes sont difficiles à trouver à présent sauf en occasion puisque Kabuto a fermé ses portes…

(Fiche réalisée par Clem18)

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