jeudi 6 août 2015

Hiroshima, le 6 août 1945




Il y a 70 ans, la ville d'Hiroshima fut la première ville à souffrir l'enfer atomique, prix sans pareil à l'issue d'un conflit qui avait embrasé le monde.

Il y a des noms qui résonnent immédiatement. On peut avoir manqué d’attention à l’école ou même avoir complètement manqué cet épisode dans son programme scolaire, le nom d’Hiroshima demeure le symbole de l’ultime barbarie de la seconde guerre mondiale.

Il y a 70 ans aujourd’hui, entre 8h 13 et 8h 15, le bombardier américain Enola Gay, encadré de deux autres appareils devant filmer et photographier l’innommable, larguait la première bombe atomique de l’histoire humaine sur une ville non construite pour des tests mais habitée, remplie en ce jour d’été de gens qui vaquaient à leurs occupations, principalement la quête de nourriture pour leur famille, sous une chaleur déjà écrasante. L’air était empli du chant des cigales et tandis que les écoliers entraient dans la cour de leur école, que les mères prenaient le tramway pour aller faire quelques courses, que les hommes trop âgés pour combattre se rendaient à leur travail au cœur de la superbe ville d’Hiroshima, le lourd fardeau porteur de mort chutait inexorablement et explosa à 600 m au-dessus du sol. La puissance du souffle atomique balaya tout des maisons en bois et papier de riz, souffla les fenêtres des rares bâtiments en béton, renversa les wagons du tramway, consuma instantanément 80 000 vies humaines. La lumière fut si intense que le seul médecin présent dans les environs et parti dans un village proche pour soigner un enfant en fut paralysé. Puis le maudit champignon apparu avec sa cohorte de lumières tour à tour rouge, orangée et jaune, colorant le ciel mieux qu’un feu d’artifice des teintes d’une mort sans partage qui allait poursuivre les survivants et réclamer son dû dans une escalade de souffrances.

Vue d'Hiroshima centre ville avant/après


Pourquoi demeure LA question encore aujourd’hui. Le discours américain n’a que peu varié au cours des décennies mais pour celui qui veut chercher plus loin, aidé par le travail d’historiens, la vérité pourrait bien être aussi laide que les dégâts causés alors. La version longtemps retenue veut que les Etats-Unis, après avoir perdu beaucoup de soldats en Europe et dans les îles avoisinant le Japon (Guadalcanal en est un bon exemple), prévoyaient une perte d’un million de soldats s’il devait y avoir un débarquement sur les côtes japonaises. En cause, le fanatisme minutieusement travaillé dans l’esprit populaire nippon par un état aux mains d’une dictature militaire déguisée par le règne impérial. Certes, les japonais vénéraient leur empereur tel un dieu et préféraient la mort à la honte de la défaite : c’est le dogme du Bûshido au cœur de la société nippone d’alors. Le choix fait par les U.S.A. fut donc de sacrifier une population étrangère plutôt que de nouvelles vies américaines… Déjà on peut douter du bien-fondé de ce choix : en quoi était-il plus juste de frapper des civils plutôt que des soldats étrangers ?



Grâce au travail d’historiens, américains et japonais en tête, la réalité pourrait se révéler toute autre. En août 1945, les Japonais étaient déjà aux abois : à la suite du blocus maritime orchestré par les sous-marins US, le pays se mourrait lentement de faim. A cela s’ajoutaient la disparition de la marine japonaise décimée par l’ennemi, le manque de pilotes et d’avions pour continuer la lutte aérienne et l’entrée en action des Russes qui venaient de faire preuve de leur toute fraîche « alliance » avec les vainqueurs du côté ouest du monde en mettant les pieds en Chine, repoussant l’occupation japonaise. Il ne faut pas être très malin pour comprendre que le Japon aurait fini par capituler moyennant quelques arrangements afin de ménager l’honneur et la sécurité de la famille impériale. Mais alors, si un débarquement n’était pas nécessaire, pourquoi ne pas avoir patienté que la situation se pourrisse et accule le Japon à la paix ? Simple, cruel et moderne : les Etats-Unis avaient en main une arme de destruction totale qu’ils n’avaient pu tester en situation réelle puisqu’elle n’avait pas été prête à temps pour tomber sur Berlin. Quel meilleur moyen de prouver leur puissance toute neuve à leur faux ami russe que de faire une démonstration ?


 
Ouvrant l’ère de la Guerre Froide, la décision fut prise de bombarder Hiroshima à la bombe A (premier test réel) puis Nagasaki à la bombe H (second test). La conclusion peut paraître cynique, exagérée et subjective mais si on y associe la construction d’un centre d’étude des rescapés à quelques kilomètres d’Hiroshima qui ne soigna pas les malades mais les contraignit, accords de paix obligent, à participer à la plus grande étude scientifique de notre temps sous la forme d’examens s’étendaient sur plusieurs années, de modèles vivants que l’on exposa lors de conférences sur le sujet, on doute sérieusement… Mieux encore, on sait que le commandant américain Leslie Groves qui avait en charge le projet atomique US tenta par la suite de cacher les conséquences du bombardement, interdisant toute présence journalistique non accompagnée sur les lieux, censurant la presse US et cherchant des explications vaseuses lorsqu’un journaliste australien fit paraître son article « La Peste Atomique » dans un quotidien anglais quelques semaines après les faits.

On peut également reprocher au Japon son propre silence. Il est avéré que l’avion transportant la bombe pour Nagasaki fut repéré près de 5 heures avant le largage mais qu’aucun ordre d’intervention n’arriva jamais aux quelques pilotes encore capables. De même, et comme cela fut de nouveau le cas après l’accident de Fukushima, les rescapés-irradiés devinrent des parias rejetés de la société, condamnés vivants à la misère (on ne voulait pas les employer), à la solitude (on ne voulait pas les marier ou les épouser) et au refus d’enfantement. Aujourd’hui, les langues se délient et on sait que ceux qui sont morts dans les jours et les semaines suivantes ont été abandonnés à leur sort par les autorités de tous bords, jusqu’aux orphelins revenus de la campagne après le choc pour ne retrouver personne… On chiffre approximativement le nombre de victimes directes à 250 000 mais qui sait combien de ces orphelins sont morts de faim avec l'hiver, combien de rescapés ont succombé faute de soins quels qu'ils auraient pu être après des années de douleur ? Et combien de vies gâchées à se demander pourquoi avoir survécu ?



Hommage aujourd’hui à tous ces êtres fauchés par l’horreur, symboles malgré eux de ce que l’Humanité peut engendrer, même lorsque la source demeure un rêve de scientifique, un désir de comprendre le monde physique et ses éléments.


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