lundi 27 mars 2017

Notre critique des tomes 1 et 2 de « Caste Heaven »

Caste Heaven, Chise Ogawa, Critique Manga, Manga, Taifu, Taifu Comics, Yaoi,

Caste Heaven, Chise Ogawa, Critique Manga, Manga, Taifu, Taifu Comics, Yaoi,
Dessinateur : Chise Ogawa
Scénariste : Chise Ogawa
Éditeur : Taifu Comics
Collection : Yaoi
Genre : Drame
Public : Averti
Site officiel : Non
Sortie : 2016
Prix : 8,99€
Statut de la série : En cours de publication

Dans un lycée dominé par le jeu des castes face auquel même les enseignants restent impuissants et jouent les aveugles, chacun mène une vie plus ou moins facilitée par la carte qu’il a pu trouver. Le principe est simple mais tordu : un jeu de cartes banal est éparpillé dans l’école et la course aux bonnes cartes commence. Ceux qui ont de la chance obtiendront le statut de classes supérieures sous la houlette du roi, ils auront la belle vie et le droit de martyriser les classes moyennes qui elles-mêmes pourront s’attaquer aux classes inférieures. Mais il existe une place pire encore, celle de « cible », de souffre-douleur que tout le monde peut tourmenter. C’est ce qui arrive à Azusa : alors qu’il était le roi, il perd son statut dans une énième course aux cartes et ne trouve que celle qui fait de lui la « cible ». Autrefois odieux avec tous, il va devenir le jouet du nouveau roi, son ancien valet, Karino, qui entend bien faire de lui tout ce qu’il a toujours voulu…

Voilà un yaoi qui joue d’emblée la carte du sadisme et des mauvais traitements qui bien entendu prennent un seul visage, les abus sexuels et majoritairement entre garçons. C’est très cru, très direct et franchement, on pourrait vite se lasser si Chise Ogawa ne parvenait pas assez fébrilement à glisser entre deux scènes sauvages en action comme en paroles quelque notion de psychologie qui permet de développer ses personnages et leurs relations.

Même si Azusa n’est guère sympathique tant il se plaît à jouer les maîtres du monde dans les premières pages, on est rapidement pris de pitié pour lui face à ce que lui impose un Karino qui ne manque jamais d’imagination lorsqu’il s’agit de donner corps à ses fantasmes. Nul doute que ce nouveau roi nourrit depuis longtemps un désir obsessionnel pour celui qu’il a dû servir comme valet. A moins que ce ne soit qu’une vengeance ? Plus on avance dans le récit moins on y croit, ce serait trop simple. Azusa n’est pas en reste dans cette relation qui n’en est pas une, basée exclusivement sur l’humiliation et la violence. A mesure que le temps passe et qu’il endure les abus de Karino, on découvre un jeune homme mal dans sa peau, qui agissait cruellement envers les autres afin de masquer ses propres peurs et traumatismes d’enfance, son refus d’être une victime comme sa mère. A tel point que, devenu victime lui-même, il refuse de se laisser sombrer, qu’importe si son corps le trahi ou que les menaces l’obligent à subir, son esprit reste libre. Mais le temps passe et la relation maître-esclave commence à changer, comme si Azusa recherchait l’attention de Karino, même si on doute que cela devienne de l’amour…

Le second tome change de héros avec deux autres couples dont les liens sont tout aussi étranges et quelque peu malsains. Kusakabe, le nouveau valet, et Kuze, l’ancienne « cible », peuvent difficilement rester éloignés mais il est évident que Kuze voue une admiration sans borne à Kusakabe, son sauveur, protecteur, au point qu’il lui laisse tous les droits sur lui. Un jeu de dépendance s’est lentement installé entre ces deux-là et ce ne sont pas les petits écarts poussés par un Kusakabe à double personnalité qui feront fuir Kuze.

Enfin, le duo inattendu mais le plus sincère des trois, Senzaki le fils de yakuza et Tatsumi le frère de Karino. Interdits de se fréquenter ne serait-ce que comme amis de par leur statut désigné par les cartes, ils sont malgré tout irrésistiblement attirés l’un par l’autre. Devenus amants, ils se cachent mais partagent tout, à tel point que Senzaki transforme complètement Tatsumi. Leur seul souhait est que le lycée se termine bien vite pour qu’ils soient libres.

Chise Ogawa tente donc de concilier un ton résolument très yaoi avec un zest de psychologie qui effectivement donne de l’épaisseur à ses personnages même si le lecteur reste un peu perplexe quant à l’impuissance des enseignants face à ce jeu qui implique toute une école dans un ijime géant. S’il s’agit là de dénoncer un fait de société connu, reconnu mais rarement combattu avec efficacité par le corps enseignant nippon, l’extrémisme du propos lui fait perdre de sa crédibilité. A défaut, il faudra y voir un simple yaoi à connotation résolument très crue.

Le trait de la mangaka travaille donc prioritairement et en détail les chara-design, surtout les visages et les scènes chaudes. On distingue bien chaque protagoniste même si le stéréotype yaoi n’est jamais loin. Les arrières plans se limitent aux salles de classes, couloirs d’école et autre salle réservée au roi, peu de variante donc, juste de quoi situer les scènes mais pas de rôle dans la création d’une atmosphère particulière qui n’est présente que par le jeu des expressions et des rares trames.

Yaoi atypique de par son propos mêlant violences et abus à la dépendance affective, Caste Heaven surprend pour son audace mais pourrait lasser sans une franche évolution des relations mises en vedette.

Points forts :
  • Propos audacieux
  • Jeu des castes délirant mais bien construit
  • Personnages à plusieurs facettes, intéressants dans leur psychologie bancale
  • Dessin au service du récit
  • Mise en scène équilibrée
  • Édition française sans défaut

Points faibles : 
  • Très cru, gare aux âmes sensibles 
  • Relations à développer par la suite 

Verdict : Deux Bons Tomes !!!

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