mardi 4 juillet 2017

Notre critique de « AereA »


Éditeur : Soedesco
Développeur : Triangle Studios
Genre : Action-RPG
Version Testée : PlayStation 4
Autres Supports : Steam, Xbox One
Langue : Français
Multijoueur : Jusqu'à 4 jours en local ou en ligne
Classification : + 10 ans
Sortie en France : 30 juin 2017
Prix Moyen : 40€

Bien que Japan-Touch soit consacré à la culture japonaise, il arrive parfois que nous fassions une exception à la règle et c'est le cas pour Aerea. Ce titre, développé par Triangle Studios, un studio hollandais, est un jeu indé de type Action-RPG. D'abord paru sur Steam au début du mois de juin, les versions PlayStation 4 et Xbox One suivent à la fin dudit mois.

Musique, maestro !


L'histoire, très classique sur le fond, se base sur la thématique de la musique. Vous incarnez l'un des disciples du Grand Maestro Guido et devrez explorer Aezir, une île flottante qui a été brisée en plusieurs morceaux. Votre mission est de ramener les neuf instruments primordiaux pour restaurer l'équilibre du monde. Afin de réussir votre tâche, quatre personnages sont disponibles, Wolf, l'Archer à la harpe, Jacques, le Chevalier au violoncelle, Jules le Mage au luth et Claude, l'Artilleur à la trompette. Ces derniers sont en réalité les classes typiques de ce genre de jeu. Ainsi, Jacques est l'équivalent du tank, capable d'encaisser énormément de dégâts, Claude, le DPS, à la résistance fragile mais à la rapidité sans précédent, etc. Il faut reconnaître que même si la recette est connue et reconnue, adapter les instruments de musique à un type d'armes est plutôt original et on prendra plaisir à incarner l'un de ces héros.

Plus accessible qu'un cours de solfège


Le gameplay, très accessible, permet une prise en main immédiate. Chaque personnage a deux attaques, une normale et une un peu plus puissante. Notons également la possibilité d'accès à 3 compétences "magiques" à choisir entre 6 autres au fil du temps. Au fur et à mesure de votre progression, votre personnage et son instrument gagneront des niveaux indépendamment l'un de l'autre. Chaque fois que cela arrive, vous devrez répartir manuellement les points dans l'une des six caractéristiques disponibles, sachant qu'il n'existe pas de restriction de classe. Ainsi, en jouant le mage, vous pouvez développer votre défense au détriment de votre attaque, le choix vous appartient et la marge d'erreur quasi inexistante.

Pour procéder à ces améliorations, vous devrez vous rendre dans la boutique de la salle de concert, qui fait office de HUB. C'est à dire l'endroit où vous prendrez vos quêtes, irez à la boutique et choisirez votre destination. Les personnages de la salle de concert vous confiront, au choix, une quête liée à la trame principale ou alors une annexe, qui se résume à tuer X créatures ou à récolter X ingrédients.

Peu intéressantes, ces dernières ne sont pas obligatoires pour progresser rapidement et d'ailleurs, le leveling est tellement facile que très vite, vous deviendrez surpuissant et ce, même avec une mauvaise répartition des points. Et c'est probablement là l'une des maladresses du jeu, sa trop grande simplicité. Il est évident qu'il s'adresse principalement aux jeunes joueurs. Mais même eux ne devraient rencontrer aucun problème à la résolution des combats ou à l'exploration.


Exploration et maladresses


Car lors de votre mission, vous allez devoir explorer une dizaines de lieux différents, tous avec leur propre ambiance comme des grottes de lave, une forêt, un marais, etc. Assez fluide dans son déroulement, l'exploration consiste principalement à chercher et activer un levier pour ouvrir une porte, tuer X créatures pour débloquer le passage et ainsi de suite. Et c'est probablement là la seconde maladresse du jeu. L'exploration consiste en une myriade d'aller-retours rébarbatifs mais nécessaires pour progresser. A cela vient s'ajouter tous les passages au HUB à chaque fin de quête, puisque la suivante ne s’enclenchera jamais automatiquement.

Cela dit, malgré ses erreurs de gameplay, le soft devient un brin moins répétitif en multijoueurs. Jusqu'à 4 joueurs peuvent coopérer et ce, même en local. Sous réserve d'avoir 3 autres manettes à disposition. Amusant bien que toujours aussi facile, la coopération est une bonne idée puisque les joueurs les plus jeunes pourront ainsi découvrir l'histoire sans crainte d'une morte subite, chacun des joueurs pouvant réanimer les autres au cas où.

Un plaisir auditif


Pour changer de registre, du point de vue de la réalisation, la direction artistique est très agréable. Très
coloré et mignon, le tout donne forme à un monde musical et attachant et on soulignera la qualité des environnements dessinés à la main. Mais là où AereA tire son épingle du jeu, c'est sans conteste sur la partie sonore. C'est bien simple, la bande-son est une réussite totale, mélangeant des chœurs, des moments calmes et des envolées lyriques. On a l'impression d'entendre un véritable orchestre. Le compositeur, Deon van Heerde - connu pour son travail sur le jeu Broforce -  propose ainsi une ambiance musicale qui colle parfaitement à chaque environnement visité et il y a fort à parier que les joueurs ayant la version boîte d'AereA, écoute en boucle l'OST incluse dedans.

Au final et malgré sa durée de vie faiblarde - un après-midi - et quelques erreurs, AereA est une pause rafraîchissante et originale qui séduira les plus jeunes en proposant une aventure musicalement réussie. Les autres joueurs, quant à eux, peuvent aussi se laisser tenter par cette intermède musicale entre deux gros titres et qui propose une épopée pleine de charme.

Points forts :
  • La bande-son, une franche réussite
  • L'originalité de l'univers
  • Coloré et mignon
  • Gameplay accessible à tous
  • Coopération jusqu'à 4, même en local

Points faibles :
  • Trop facile
  • Durée de vie assez courte - un après-midi suffit
  • Un peu trop cher 
  • Quelques ralentissements

Verdict : Maladroit mais sympathique

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