mardi 1 août 2017

Notre critique du tome 4 de « Dead Demon’s Dededede Destruction »

Big Kana, Critique Manga, Dead Dead Demon's, Inio Asano, Kana, Manga, Seinen,

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Dessinateur : Inio Asano
Scénariste : Inio Asano
Éditeur : Kana
Collection : Big Kana
Genre : Tranche de vie
Public : Averti
Contenu : 164 pages
Prix : 7,45€
Sortie : 2 juin 2017
Statut de la série : En cours de publication

Les incidents se multiplient dans le ciel de Tokyo mais cela n’empêche pas Futaba et Makoto, deux étudiants de province, de venir s’installer dans la capitale pour y suivre leurs études supérieures. Futaba est convaincue que les envahisseurs sont avant toute chose des victimes et souhaite s’impliquer dans le comité qui tente de faire entendre raison au gouvernement et à toute une partie de la population à coup de manifestations. Makoto, jeune homme qui ne se sent lui-même que vêtu en femme espère trouver dans cette grande ville des gens qui l’accepteront tel qu’il est sans les préjugés de la campagne. Une amitié naissante s’installe avec le petit groupe de Kadode et Ôran, et les jours filent tandis que cette jeunesse ballotée entre espoirs et défaitisme se cherche un avenir. Mais l’orage gronde au loin et l’atmosphère se teinte de sombres nuages avec les exécutions systématiques des envahisseurs perdus dans la grande Tokyo…

En dépit des dernières pages bien alarmantes du 3e tome, ce volume 4 nous replonge dans la fausse mais convaincante candeur des héroïnes de la série. Alors que Kadode savoure son indépendance et se prépare peut-être à se rapprocher de celui qui n’est enfin plus son professeur et qui, cerise sur le gâteau, est libre de son ex-copine, Ôran s’enfonce dans ses délires, lesquels, contre toute attente, lui rallient de nouveaux amis. Après Futaba et Makoto, c’est au tour d’un membre du club plutôt dingue mais amusant des recherches sur l’occultisme d’apprécier la compagnie de la jeune femme.

Il faut dire qu’Ôran dénote franchement, affichant sans phare sa différence, sa libre pensée qui s’entête à regarder le monde avec une certaine froideur résignée, acceptant et refusant tout en même temps l’attitude de ses contemporains. Pour autant, elle ne se présente jamais comme étant meilleure que tout le monde et c’est en cela qu’elle est un vrai personnage sympathique. Inio Asano nous invite même dans quelques flash-backs de l’enfance d’Ôran, nous la montre mutique, discrète, timide, renfermée, encouragée par son frère qui était alors très différent, presque beau gosse. C’est parce qu’elle a rencontré Kadode et l’a vue tenir tête aux autres par conviction, qu’elle a trouvé le courage de se montrer telle qu’elle est ou presque… On remarque que cette transformation fut salutaire mais qu’elle se fait parfois excessive : Ôran se cache toujours mais, à présent, derrière une attitude extrêmement provocatrice. Au moins affirme-t-elle sa pensée propre, loin de celles et ceux qui croient tout ce que les autorités leur disent.

Derrière cette chaleureuse démonstration de liberté individuelle, Inio Asano insiste sur l’indifférence coupable de ceux qui décident, qui savent que quelque chose ne tourne pas rond, que les répliques armées agressives sans grande justification ne feront qu’engendrer un avenir dangereux mais qui continuent malgré tout, enfonçant leur pays dans une politique d’auto-défense qui devient de l’attaque pure et simple. Parce qu’il faut démontrer sa force nationale, parce qu’il faut prouver que l’investissement financier dans un armement révolutionnaire est nécessaire et qu’il doit perdurer, les attaques contre toute tentative de la part des envahisseurs de quitter le vaisseau mère provoquent d’innombrables morts, de ces êtres qui ne sont pas les bienvenus en premier lieu mais aussi des humains qui deviennent des dégâts collatéraux. En réponse, des citoyens manipulés comme il faut, dont la peur est suffisamment exacerbée, jouent les chasseurs, les nettoyeurs et terminent ce que les tirs du fameux canon hi-tech ont entamé. Par un subtile inversement des langages – ici compréhensible des envahisseurs et incompréhensibles des humains - Inio Asano démontre au lecteur que l’absence de réelle communication alliée à une certaine mécanisation de pensée favorise le massacre.

Sous les visages très vivants, expressifs et attendrissants de ses personnages qui ne manquent jamais d’énergie, Inio Asano fait évoluer son récit dans une mise en cases ponctuée de dialogues oscillant entre réflexions profondes et délires d’enfant. L’impact visuel du maître est toujours aussi unique et sublime, foisonnant de détails, ne laissant que très peu de place au vide qui en devient signifiant. Le traitement final des envahisseurs, petits, démunis, blessés, égarés dans la jungle urbaine désertée, devenus proies de choix les montre sans défense, comme perdus loin d’un chez-eux qui, peut-être n’existe plus…

Entre insouciance tronquée, manipulation des mécanismes populaires de pensée et manœuvre politicienne déterminée Dead Dead Demon’s Dededede Destruction déroule son récit sans jamais perdre une étrange atmosphère de catastrophe imminente.

Points forts :
  • Allégorie réaliste de ce qui fait nos sociétés contemporaines 
  • Récit engagé, réaliste et sensible 
  • Personnages attachants 
  • Nouveaux protagonistes sympathiques et bien conçus 
  • Présentation du passé d’Ôran, on comprend qu’elle est sans doute la plus consciente de tous 
  • Développement amorcé de la nature des envahisseurs 
  • Narration agréable à suivre 
  • Humour + + 
  • Style graphique sans égal, typique du mangaka 
  • Chara-design bien défini 
  • Expressions révélatrices 
  • Superbe qualité dans le traitement des arrières plans et décors 
  • Équilibre parfait personnages/environnements 
  • Mise en scène + + + 
  • Édition française sans défaut 

Points faibles : 

  • Allégorie avec catastrophe de Fukushima est moins évidente même si l’ensemble reste une allégorie de nos sociétés présentes 

Verdict : Un excellent tome !!! 

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